Voeux 2011 : Le discours

Bonsoir Chers Amis,

Merci de nous avoir rejoints nombreux pour célébrer cette nouvelle année qui, je l’espère, sera riche en victoires militantes au nom de la solidarité et de la démocratie. Merci de réserver un accueil chaleureux à nos trois élus qui n’ont malheureusement pas eu la chance d’être invités aux voeux de la Mairie. Merci aussi à notre ami Juan Martinez, député du canton d’avoir fait le déplacement. Ce moment se doit d’être placé, comme l’année dernière, sous le signe de la convivialité et de la fraternité. Permettre aux militants de se retrouver, de mieux se connaître, de renforcer ce lien qui nous sera tellement indispensable pour mener à bien le travail qui nous attend en 2011, tel est l’objectif de la soirée. Alors surtout ne soyez pas timides, exprimez-vous.

Les voeux sont souvent un exercice formel d’autosatisfaction devant un public acquis d’avance. Alors cette année, une fois n’est pas coutume, nous avons décidé de bouleverser un peu l’ordre des choses en essayant de reconnaître les talents de nos adversaires politiques et en commençant par le plus emblématique d’entre eux, à savoir M. le Maire. Alors parmi les nombreuses qualités du personnage, celle qui saute évidemment aux yeux c’est sa capacité à faire évoluer ses positions politiques. Ainsi, s’il a été « pour » l’implantation de la centrale électrique au gaz POWEO en zone agricole avant les élections de 2008, il s’est finalement déclaré « contre » entre les deux tours et a ainsi pu remporter les élections. En tant qu’élu dans le syndicalisme agricole depuis 33 ans, il s’est tout d’abord déclaré contre l’implantation de centrales photovoltaïques au sol en zone agricole. Il est vrai qu’implanter des installations industrielles en zone agricole, cela ne semblait pas raisonnable. Transformer les agriculteurs en spéculateurs fonciers, hypothéquer l’auto-suffisance alimentaire de demain pour satisfaire aux exigences écologiques d’aujourd’hui. Qu’à cela ne tienne : EDF-EN est passée par là et vous connaissez la suite.

Vous allez nous dire à juste titre qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et, du moment que la ligne politique générale est claire et rassembleuse, alors il n’y a rien à ajouter. Là aussi, M. le Maire fait preuve de qualités hors pair dans sa capacité de synthèse politique. Son orientation est le parti radical valoisien que l’on pourrait qualifier de centre droit. Ce mouvement se veut toujours à la recherche de, je cite, « la ligne médiane de l’intérêt général » et reposer sur les valeurs de la République et de l’humanisme. Appliquant ce principe à la lettre, M. Bourbousson a donc pu se faire élire avec des soutiens allant du Front National jusqu’à des sympathisants socialistes. Alors c’est vrai, mathématiquement, le centre de gravité politique de ses électeurs a bien été le centre droit lors des municipales. Dans un même registre il a soutenu Christian Jeanjean, divers droite, au premier tour des Régionales de 2010 puis feu Georges Frêche au second tour. Aux prochaines législatives, il se retrouvera vraisemblablement face au député sortant Yvan Lachaut du « nouveau centre », parti lui aussi de centre droit associé à l’UMP. Alors rassembler au-delà des extrêmes, soutenir des candidats de gauche et être prêt à en découdre avec des rivaux de centre droit, quoi de plus exemplaire en terme de modernité. Cette vision politique au-delà des clivages traditionnels, cette propension à l’ouverture, sont dignes des plus proches sujets de Sarkozy.

Donc en résumé, des opinions durables, des convictions politiques claires, une sincérité à toute épreuve ! Nous pouvons nous réjouir d’avoir au service des Beaucairois un parfait prototype de politicien professionnel bien qu’il s’en défende et se fasse souvent passer pour un amateur.

Alors on peut se demander pourquoi un tel acharnement de notre part à l’endroit de M. Bourbousson. Nous ne sommes pourtant pas en période de campagne électorale. En fait, ce n’est pas exactement la personne qui pose problème, mais plutôt ce qu’elle représente en tant que fruit d’un système de démocratie représentative moribond. En effet, les dignitaires issus pour beaucoup des mouvements de résistance de la seconde guerre mondiale ont peu à peu cédé la place à une classe politique organisée pour l’essentiel en caste consanguine pour qui le suffrage est devenu une rente. M. Bourbousson, pour ne prendre que cet exemple, passe ainsi du syndicalisme agricole à la Mairie, à la présidence de l’intercommunalité et brigue maintenant la députation.

Alors on pourra nous rétorquer à juste titre que ce propos s’apparente au « tous pourris » souvent colporté par les extrêmes et que rien ne prouve aux Beaucairois que s’ils nous font confiance nous ne deviendrons pas, nous aussi, des politiciens professionnels dispensant des discours démagogiques uniquement pour nous maintenir en place et satisfaire nos ambitions personnelles. La question est légitime et nous nous la posons régulièrement sans avoir de réponse évidente, si ce n’est que cela dépend avant tout de vous. En effet, nous sommes convaincus que ce sont les exigences et l’implication des citoyens qui rendront les politiques meilleurs. C’est d’ailleurs l’application de ce principe qui a conduit à la création de notre mouvement et à son développement. Ainsi notre nombre d’adhérents est, avec plus de 60 personnes, en augmentation de plus de 20% cette année. Notre site internet quant à lui, comptabilise à ce jour plus de 16000 visites avec une moyenne de 50 visites par jours. A RPB, point de personnage providentiel, notre intelligence, et c’est ce qui fait notre force, est celle du groupe. Ce qui nous importe le plus, ce ne sont pas les positions politiques que nous adoptons, mais plutôt le débat démocratique qui a permis d’y aboutir. C’est en effet l’apprentissage de ce débat et la découverte de l’enrichissement humain qui en découle qui est selon nous le meilleur terreau pour la démocratie de demain, c’est à dire celle de nos enfants.

Je voudrais personnellement insister, en tant que père de famille, sur la responsabilité de nos modes de vie actuels sur les conditions de vie auxquelles seront confrontés nos enfants dans le futur. Cette notion de responsabilité, qui ne veut pas dire culpabilité, est une graine que l’on se doit de laisser germer dans nos consciences comme l’ont fait nos aïeux et notamment ceux qui se sont battus durant la seconde guerre mondiale pour défendre nos valeurs républicaines contre le système fasciste de l’occupant. C’est cette notion de responsabilité vis-à-vis des générations futures qui a permis au Conseil National de la Résistance, comme le rappelle le dernier livre de Stéphane Hessel, d’élaborer un programme qui comprenait :

  • « […] Un plan complet de sécurité sociale visant à assurer à tous les citoyens des moyens dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail
  • une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours
  • le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurance et des grandes banques
  • une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des états fascistes
  • la possibilité pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction la plus développée […] ».

C’est pour éviter que ses enfants soient à nouveau confrontés à la guerre que la France de l’époque, pourtant ruinée, a approuvé ce programme. Aujourd’hui, alors que la richesse de la France a doublé en 20 ans (PIB), les héritiers du gaullisme piétinent sans complexe ce socle républicain garant de la cohésion nationale, ceci, au nom de la rigueur budgétaire et du libre-échange. Et la propagande des médias, détenus pour l’immense majorité par des financiers proches du pouvoir, de nous culpabiliser en nous invitant à nous estimer heureux de ce que nous avons : un CDD à temps partiel, c’est toujours mieux que le chômage, une retraite à 62 ans c’est toujours mieux que pas de retraite du tout, etc. Et les valeurs de l’économie de marché de nous inviter à oublier nos désirs de projets collectifs et solidaires au profit de petites satisfactions matérielles individuelles. C’est quand-même plus agréable de regarder la télé sur un écran plat au chaud dans son salon que d’aller à une manifestation pour défendre le commissariat. Peu importe que les conditions d’enseignement dans le public se dégradent, j’ai les moyens de mettre mes enfants dans le privé.

Alors ce que nous avons à proposer aujourd’hui, ce n’est pas un programme de campagne pour les prochaines municipales rempli de promesses sans lendemain et de Yaka Fauqu’on. Ce n’est pas non plus un prêt-à-penser idéologique qui exonère tout un chacun d’une réflexion personnelle et d’esprit critique. C’est tout bonnement, en toute humilité, et sans commune mesure avec la dimension héroïque des mouvements de nos anciens, une démarche de résistance citoyenne motivée par la survie des générations futures. Pour que nos enfants ne nous accusent pas.

Nous n’en sommes heureusement pas à vous promettre comme l’avait dit Churchill en 1940 au lendemain de la débâcle française « du sang et des larmes ». Nous espérons seulement qu’avec le temps et peut-être grâce à notre modeste contribution, les esprits beaucairois se libèrent enfin et qu’une indignation positive puisse fleurir à nouveau dans nos consciences. Pour que nous n’attendions pas une désolation des institutions similaires à celles de la Tunisie de Ben Ali, ex-ami des dirigeants français, pour nous révolter.

L’espoir est entre les mains de chacun de nous et chacun de nous peut, à son niveau, contribuer au changement. Comme l’avait dit l’imposteur Sarkozy pendant la campagne de 2007 : « Ensemble tout devient possible ». Nous tenons à remercier vivement les militants-citoyens que vous êtes pour vos engagements et votre fidélité et souhaitons vous retrouver encore plus nombreux et encore plus motivés en 2011.

Lettre d’information de janvier 2011

Fausse interview

Pour compléter l’interview que M. Boubourbousson a accordée à Radio Bleue Gard-Lozère et que vous pouvez entendre ici : http://www.beaucaire.fr/spip.php?article3507&var_recherche=interview, nous vous livrons en exclusivité celle qu’il a consenti à RPB et à laquelle vous auriez pu échappé si vous n’étiez pas un inconditionnel de notre site :

RPB : M. Bouboursson, vous êtes sur tous les fronts. Défenseur du commissariat, défenseur de l’agriculture , militant acharné qui oeuvre à ré-ouverture de l’écluse , VRP du projet d’EDF-EN, candidat à la députation, est-ce votre cercle énergétique qui vous permet d’être aussi affuté ?

J.B. : Parfaitement, grâce aux ondes positives que j’arrive à capter, je surfe sur une vague électro-magnétique.

RPB : Ces mêmes ondes sans doute qui font vibrer vos tripes lorsque vous regardez ce canal cul-de-sac près duquel vous avez grandi ?

J.B. : (tout bas) peut-être pas, (méfiant) , j’ai sans doute abusé de l’eau de mon captage que des fonctionnaires pointilleux avaient jugés non conforme…

RPB : Et ce fameux troisième pied qui permet de faire avancer Beaucaire ? Quel triptyque ! l’agriculture, l’industrie, et le tourisme. Un résumé parfait de votre carrière non ?

J.B. (modeste) : Oh vous savez, moi ça fait trente cinq ans que je travaille au service des autres. Alors ceux-qui-viennent-me-donner-des-leçons-je-leur-réponds-que-moi-j’agis-et-eux-qu’ont-ils fait-rien-alors-les-donneurs-de-leçons-vous-savez…

RPB : Magnifique.

M. Bourbousson nous quitte précipitamment, un coup de fil sur son portable l’appelle vers d’autres destinées.

Le préfet nous rend visite

Ambiance lourde samedi 8 Janvier au casino municipal pour l’explication de texte de la réforme de fusion des commissariats de Beaucaire et Tarascon. Chef d’orchestre de cette matinée très protocolaire, le préfet introduit son propos en affirmant avec force la primauté de la sécurité comme l’un des droits fondamentaux de l’homme, si ce n’est le premier. Nul doute qu’il aurait pu revisiter ce palmares des droits en inscrivant celui à s’éduquer au cours d’un débat sur l’école, celui de se nourrir correctement s’il avait animé une rencontre sur l’agriculture. Délicieuse langue de bois qui se recycle au gré des nécessités …

La devise républicaine qu’il est censé incarner évoque aussi la liberté, l’égalité de traitement des citoyens. Est-ce pour respecter ces grandes idées que le gouvernement met à la disposition des parisiens un policier pour plus de 172 habitants alors qu’à Beaucaire on devrait se contenter d’un agent pour plus de 1000 habitants ?

L’exposé très technique du directeur départemental des Bouches du Rhône n’a convaincu personne dans le public. Comment faire avaler aux Beaucairois qu’un commissariat subdivisionnaire dans lequel ne seraient affectés que 12 agents puisse faire face à la montée de la délinquance ? En récitant une leçon dictée de bien plus haut qui met en avant dans le désordre : une évolution nécessaire, une réorganisation rationnelle, une mutualisation des moyens forcément indispensable. Et quand dans le public on réclame des moyens supplémentaires, le préfet hausse les sourcils, plisse le front et balaye d’un revers de main cette demande en invoquant une réalité économique incontournable. Il lui aura certainement échappé que le PIB de la France a doublé en 20 ans…

Qu’ils étaient pathétiques tous ces élus et élues de droite se tirant la bourre au micro pour être sur la photo. L’un est scandalisé, l’autre s’étrangle d’indignation, celle-là invite à recentrer l’action des policiers qui ne font que contrôler les ceintures. Et tous de louer les vertus d’une police de proximité, d’un retour des patrouilles régulières dans la cité. Diversion, amnésie ? Personne n’oublie qu’ils ont soutenu en 2007 Sarkozy le fossoyeur de cette police de proximité.

Et l’on a senti le danger lorsque le préfet, à court d’argument, a évoqué l’indispensable investissement des citoyens dans leur sécurité par une vigilance accrue !! Certains l’ont bien compris dans le public puisque cette idée a été reprise par l’un des intervenants qui évoquait à demi-mot la création de milices. Discours nauséeux qui surfe sur une peur légitime entretenue par l’Etat qui abandonne ses administrés en supprimant des postes de fonctionnaires de police.

Et que dire de M. Bourbousson ? M. le Préfet pour évoquer sa forte implication dans ce dossier l’a comparé à un pitbull ne lachant jamais sa proie. Nous lui préférons la carpe tant celui ci fut économe de ses paroles. Il s’affiche au coté du préfet et dans le même temps organise une manifestation pour protester contre le projet. Comprenne qui pourra…

RPB réaffirme son opposition totale à cette réforme et demande un renforcement des effectifs de policiers sur le territoire Beaucairois pour endiguer le trafic de stupéfiants et les actes de délinquance. . Ce n’est pas à une municipalité d’assurer cette fonction régalienne, ce n’est pas de sa compétence. L’augmentation des effectifs de police municipale, celui du nombre de caméras de vidéo-surveillance ne sont qu’un leurre agité par le maire, un leurre coûteux puisque ce sont nos impôts locaux qui les financent.

Communiqué de presse : réunion publique avec le préfet

Le constat des Beaucairois est unanime, les moyens humains de l’actuel commissariat sont insuffisants pour assurer de véritables missions de police de proximité et d’investigation. Or les propos de M. le Préfet tenus le 8 janvier lors de la réunion publique permettent de comprendre que les effectifs resteront les mêmes à l’échelle des deux communes, mais seront désormais basés à Tarascon et placés sous l’autorité du district d’Arles. Ne restera sur Beaucaire qu’un petit commissariat subdivisionnaire de douze personnes. Ce projet, qui éloigne les hommes et la chaîne de commandement du terrain beaucairois, nous a été présenté comme un évident moyen d’améliorer la sécurité tout en permettant de satisfaire aux exigences de rigueur budgétaire attendue par l’actuel gouvernement aux ordres de la finance internationale, sous-entendu, comme de coutume, les fonctionnaires, ça coûte trop cher… M. le Préfet s’est même irrité du scepticisme, voire de l’opposition des Beaucairois. Il semble que pour lui, ce projet soit une opportunité, un cadeau du gouvernement. Malheureusement Noël c’était le 25 décembre et M. le Préfet n’a rien d’un père Noël.

Révision du contrat d’affermage pour le service public de l’eau

Le contrat d’affermage du service public de l’eau, renouvelé en 2008 au très grand profit de Veolia, prévoit que les tarifs de base ainsi que les formules de variation pourront être soumis à révision tous les cinq ans. Cette révision pourra donc intervenir au 1er janvier 2013 et devrait permettre aux élus de la majorité de faire valoir les droits des consommateurs après des années de négligence de la part des majorités de droite et de mépris de Veolia.

Les révélations de RPB, qui dénonce depuis maintenant deux ans la gestion calamiteuse du délégataire historique, placent le maire et son équipe en position de force. Nous leur suggérons de commander un audit comptable des comptes de Veolia comme le prévoient les articles R2222-1 et R2222-4 du Code général des collectivités locales tout en convoquant la Commission consultative des services publics locaux (CCSPL) afin que cette négociation ne soit pas entachée de suspicion.

Pour attester de la nécessité de définir de nouvelles dispositions d’évolution des nouveaux tarifs de base, il suffit de rappeler que durant l’année 2009, le tarif fermier eau a augmenté de 3,9 % et que Veolia « oublie » de joindre à son rapport annuel de délégataire depuis 2008 ses comptes prévisionnels…

Bourbousson en grève reconductible !

Bourbousson et la fusion des commissariats, par RPB

Après être resté indifférent au projet de fusion du commissariat organisé par ses amis politiques du gouvernement pendant des mois et ce malgré plusieurs alertes lancées par RPB (article dans la lettre d’info, demande de mise à l’ordre du jour du Conseil municipal, etc.), après avoir retourné sa veste, comme le fait si bien son mentor Nicolas S., devant la pression populaire, il s’est déclaré finalement, en pleine page du Midi Libre, contre ce projet.

M. BOURBOUSSON vous a proposé de signer une pétition à son initiative alors qu’une autre pétition circulait déjà à ce sujet depuis 10 jours.

Telle la «Mouche du coche» de La Fontaine, il se faufile gauchement sur l’échiquier politique, s’imaginant que les Beaucairois n’ont pas remarqué qu’il mangeait à tous les râteliers.

Pour la prochaine étape, RPB pense qu’une grève de la faim du maire serait une action de poids…

Récitation – La morale du «coche et la mouche» de Jean de la Fontaine

Ainsi certaines gens, faisant les empressés,
S’introduisent dans les affaires :
Ils font partout les nécessaires,
Et, partout importuns, devraient être chassés.

 

Hommage à un grand Beaucairois

Alors que le nouveau collège Eugène Vigne vient d’ouvrir ses portes lors de la dernière rentrée scolaire, les élus d’opposition de gauche au conseil municipal ont proposé le transfert de la statue d’Eugène Vigne dans l’enceinte du nouvel établissement au maire de Beaucaire et au président du Conseil général du Gard.

Cette statue, située à l’origine cours Gambetta, a été reléguée à l’entrée de l’école de la Condamine, au prétexte que l’école souhaitée par E. Vigne a d’abord siégé en ces lieux. Si la première école primaire supérieure créée à Beaucaire a bien été accueillie (et non construite) à la Condamine, il eût été normal qu’en 2002, la statue jugée indésirable sur le cours Gambetta par la municipalité André soit transférée dans le collège qui portait son nom.

Les raisons de cet exil sont peut-être à rechercher dans la vie, les idées et les actes de ce grand bienfaiteur de la ville. Qui fut donc Eugène Vigne ?

Né à Beaucaire en 1818, ce négociant en bois fortuné fut conseiller municipal dans l’opposition. Il lutta, sous le régime autoritaire du second Empire, contre le maire conservateur Crouzet. Il eut, avec ses amis, plusieurs fois maille à partir avec la police de ce régime et ce jusqu’à sa chute en 1870.

Dès 1866, avant Jules Ferry, il proposa la création à Beaucaire d’une école primaire supérieure, laïque et gratuite «une école où tout enseignement religieux serait proscrit, l’instruction religieuse devant appartenir à la famille».

On ne peut cependant l’accuser d’anticléricalisme car il stipula dans son testament en 1875 que, si l’école dont il assurerait le financement n’était pas fondée et ouverte 18 mois après sa mort, il lèguerait ses biens au Consistoire protestant de Nîmes «à charge pour lui d’établir des écoles à Beaucaire, ceci sans conditions, même sur le plan religieux».

L’école vit le jour, dans l’école de la Condamine en 1882, soit un an après sa mort.

Grâce à lui Beaucaire disposait d’une des premières écoles primaires supérieures du Gard. Eugène Vigne institua aussi un prix destiné «à stimuler le zèle des Beaucairois en matière de diffusion de l’instruction». Ce prix, qui couvrait à l’époque une bonne partie des frais de scolarité d’un élève, est aujourd’hui symbolique.

Craignant que l’exil de sa statue rue Jean Moulin plonge la mémoire de ce grand homme dans l’oubli définitif, nous souhaitons ardemment que la demande des élus de gauche soit prise en considération afin d’honorer un personnage exemplaire pour nous, qui a accordé ses principes avec ses actes contrairement à beaucoup des laudateurs actuels de la laïcité qui en parlent beaucoup mais ne font rien pour elle et quelquefois la combattent sournoisement.

Grâce à lui, l’école pour tous, laïque et gratuite, s’est inscrite dans la vie des Beaucairois.

Lettre aux néo-Beaucairois

Le promeneur qui s’aventure aujourd’hui en centre-ville aura du mal à imaginer ce qu’était le coeur de la cité il y a 25 ans : très animé, point de ghetto alors, mais une centaine de petits commerces égayant les rues Nationale, Ledru-Rollin, des Bijoutiers, de Nîmes et place de la Mairie : quincailler, traiteurs, bouchers, charcutiers, pâtissiers, boulangers, épiciers, droguistes, marchands d’articles de sport, de camping, de chasse et pêche, de vélos, de cyclomoteurs, de disques, de vin, de chaussures, de nouveautés, d’électroménager, de jouets, de lait, de fleurs, de pâtes, de peinture et papier peint, assureurs, bureaux de tabac, pressing, modiste, chapeliers, maroquinier, bazar, horlogers, pharmaciens, bijoutiers, électriciens, photographes, serruriers, réparateurs de chaussures, poissonniers, tailleurs…

Comment en est-on arrivé à la situation actuelle ?

Nous allons tenter d’y répondre à partir de notre vécu, fondé sur trois éléments.

L’arrivée aux affaires d’une nouvelle équipe municipale

Dirigée par Jean-Marie André, Mireille Cellier, accompagnés de Jacques Bourbousson, Valérie Arèse, elle met en place une nouvelle politique : finie l’urbanisation réfléchie, contrôlée par les élus, timorée disaient certains, place aux promoteurs, aux affairistes, au libéralisme débridé, on allait voir ce que l’on allait voir.

A grand coup de fanfaronnades médiatiques les nouveaux-venus montraient leurs muscles :

  • les Beaucairois ne trouvant pas de terrains constructibles sur la commune partaient dans les communes voisines, les nouveaux élus réagissaient en ouvrant à l’urbanisation le quartier St-Joseph au sud de la ville, en zone inondable, puis la ZAC de Genestet et le lotissement des Milliaires. Les promoteurs se frottaient les mains, les maisons émergeaient, mais aucun aménagement d’ensemble n’étant prévu, les équipements publics (écoles, jardins publics, commerces de proximité…) font aujourd’hui cruellement défaut.
  • les Beaucairois, n’ayant pas de grande surface sur place, allaient à Nîmes ou Avignon. Qu’à cela ne tienne, on allait faire venir la grande surface à Beaucaire. Enfin presque, en fait à Genestet, à 3 km du centre-ville, au bord de la rocade, pour faire plaisir au promoteur qui souhaitait capter la clientèle de passage. Ainsi les 70 millions de francs « d’évasion financière » vers Nîmes/Arles/Avignon (estimés par la CCI) resteraient sur Beaucaire.

Cet argument, repris il y a peu encore par André/Cellier en conseil municipal pour justifier les choix de l’époque, mérite que l’on s’y attarde un peu.

Si les petits commerçants beaucairois employaient la main-d’oeuvre locale et réinvestissaient leurs bénéfices localement, faisant ainsi tourner l’économie locale, on peut s’interroger : où le groupe Carrefour – Promodès réinvestit-il ses bénéfices ? A Beaucaire ? En Chine ? En Amérique latine ?

Autre argument pour justifier la venue d’une grande surface : la création d’emplois. De quels emplois s’agit-il ?

Premier constat : de nombreux employés des grandes surfaces n’habitent pas Beaucaire. Quant aux emplois, il s’agit de temps partiels subis pour la plupart, avec des horaires fractionnés pour un personnel désormais taillable et corvéable.

La main d’oeuvre agricole

De tout temps l’agriculture beaucairoise a attiré une main-d’oeuvre importante et peu qualifiée. Les grosses exploitations employaient des dizaines de journaliers chacune et quelques permanents.

Cette main-d’oeuvre issue du Massif Central (les gavots), d’Italie, d’Espagne, du Portugal, fuyant la misère, trouvait à Beaucaire du travail et s’y installait dans les logements modestes du centre-ville. Il suffit de parcourir l’annuaire téléphonique pour voir les noms de leurs nombreux descendants, dont certains ont tendance à oublier aujourd’hui le parcours précaire et difficile de leurs aïeux bien contents de trouver ici une terre accueillante.

L’exploitation agricole beaucairoise a évolué. Si le nombre d’exploitations et d’exploitants a fortement diminué, la nature même des exploitations agricoles a nécessité de plus en plus de main-d’oeuvre.

Ainsi, en avril 2002, alors que Chirac et Le Pen s’affrontaient au deuxième tour de l’élection présidentielle sur le thème de l’immigration, les agriculteurs gardois demandaient l’ouverture de 10000 contrats OMI (Office des migrations internationales) pour subvenir à leurs besoins. Plusieurs exploitations beaucairoises emploient des dizaines d’ouvriers, quelques-unes dépassant la centaine en période de récolte. Le recours à la main-d’oeuvre maghrébine docile et compétente s’est accentué après 1962. Ces Maghrébins, hébergés dans les mas dans des conditions bien souvent misérables, ne se rendaient en ville que le dimanche pour s’approvisionner et de ce fait étaient invisibles.

Aujourd’hui les exploitations se tournent vers les pays de l’Est et d’Amérique latine pour trouver de la main-d’oeuvre.

La loi sur le regroupement familial

Voulue par Giscard et Chirac, alors premier ministre, cette loi humaniste et économique, votée en 1976, permettait à la famille des travailleurs immigrés de s’installer en France dès lors qu’ils avaient un emploi stable et un logement. Ainsi ceux-ci n’étaient plus coupés de leurs proches pendant 10 mois par an et leur salaire restait en France.

A Beaucaire, cela s’est traduit par une arrivée massive de ces familles qui se sont installées en centre-ville dans les maisons libérées par leurs prédécesseurs, lesquels sont allés habiter dans les lotissements nouvellement créés. Ainsi, en 20 ans, un ghetto s’est créé en centre-ville, les petits commerces fermant les uns après les autres sous la double pression de la grande surface et de cette nouvelle population qui a créé ses propres commerces.

Les responsables politiques ne doivent pas céder aux modes du moment, aux lobbies. Les commerçants doivent faire du commerce, les promoteurs des maisons et les politiques de la politique, c’est-à- dire de la gestion de la cité. Quant aux agriculteurs, s’ils sont responsables de ces vagues d’immigrations successives, ils n’en sont pas coupables.

Paroles, paroles, paroles…

En 25 ans, faute de vision à long terme, Jean-Marie André, puis Mireille Cellier ont laissé le commerce du centre-ville péricliter.

Le maire actuel, dans sa campagne électorale, déclarait :

Beaucaire subit une désertification commerciale flagrante du centre ville et un déficit d’attractivité. Notre objectif est de tout mettre en oeuvre pour revitaliser le commerce.

Mais…, mais qu’en est-il aujourd’hui ? Les fermetures de commerces du centre-ville se poursuivent inéluctablement, les rideaux restent baissés. Il n’y a plus guère que le commerce de produits stupéfiants qui, sans recours au Fisac, prospère au vu et au su de tous.

Les raisons de cette déroute sont évidentes :

Beaucaire est une ville sale

disait encore M. Bourbousson.

Elle l’est toujours, et davantage encore comme l’expriment les habitants du centre-ville.

Beaucaire véhicule aujourd’hui une forte image négative que nous ne pouvons plus tolérer. Notre objectif est de corriger sans attendre ce reflet car c’est l’une des clés du développement touristique et commercial

constatait-il il y a un peu plus de deux ans.

A la question posée par les élus de gauche lors du conseil municipal du 8 novembre dernier :

Qu’avez-vous fait en terme de communication pour changer l’image négative de la ville ?

Le maire répond :

Beaucoup

«Beaucaire est une ville sortie de la délinquance» déclarait-il récemment encore dans «Vivre à Beaucaire». Que nenni ! clament les habitants du centre-ville. Incivilités, stationnements interdits perdurent, les cambriolages se multiplient sous l’oeil «dissuasif» des caméras de vidéosurveillance, pardon, de vidéoprotection comme l’on dit en novlangue politique !

J’ai le devoir de protéger ma ville

déclare-t- il dans la presse le 21 novembre dernier. Ah bon ? Comment justifier alors, rue de la République et rue Ledru-Rollin, les trous béants laissés dans la chaussée par la disparition des bornes installées par l’ancienne municipalité en désespoir de cause pour éviter le stationnement dans ces rues étroites (dans la seule rue de la République 32 bornes se sont volatilisées transformant une banale promenade en parcours d’obstacles) ?

Plus préoccupant encore : l’absence de patrouille de police à pied en ville… La Police, volet que le premier magistrat a bien voulu aborder fin novembre enfin devant l’émoi suscité par le projet de fusion des commissariats de Beaucaire et Tarascon dont il est pourtant question depuis quelques mois déjà.

Le hiatus entre les déclarations et les actions, l’immobilisme de la municipalité sont consternants.

Comment espère-t-elle redynamiser le centre-ville, quels arguments peut-elle avancer afin d’attirer de nouveaux commerçants à Beaucaire alors qu’elle a abandonné avec un bel aplomb ce remarquable ensemble architectural que représentent la ville et son centre ancien ?

Sur les 33 élus, seuls deux habitent le centre- ville…

Beaucaire, centre ville

Cantines en primaire : Restos du coeur ?

La mairie reconnaît qu’environ un tiers des parents dont les enfants scolarisés en primaire et qui mangent à la cantine ne paie pas ce service. Dans le même temps, on apprend de source sûre que ce problème est marginal dans les collèges et lycées de Beaucaire. Alors les parents deviennent-ils solvables dès que leurs enfants rentrent en sixième ou bien la volonté de recouvrement des dettes est-elle défaillante à la mairie ? Poser la question, c’est déjà y répondre.

Les jardins familiaux, une idée moderne

Ne chinoisons pas, ce proverbe souligne les vertus du jardinage.

Pour atteindre ce nirvana encore faut-il disposer d’un lopin de terre.

A la fin du XIXe siècle, Lemire et Volpette, deux religieux soucieux du bien-être de leurs contemporains, créèrent les jardins ouvriers.

Les objectifs étaient multiples et nombre d’entre eux sont toujours d’actualité : favoriser l’auto-approvisionnement, lutter contre l’inactivité et l’alcoolisme… Cette idée a fait son chemin, les ceintures des villes ont accueilli des centaines de milliers jardins avant de disparaître depuis les années soixante sous le béton.

C’est ainsi qu’à Beaucaire, à proximité de la piscine, au pied du talus SNCF, au bord du Rhône, des dizaines de jardins assuraient l’approvisionnement en légumes de nombreuses familles d’ouvriers. La plupart ont disparu depuis sous le goudron et le béton, quelques-uns subsistant encore à ce jour.

En février 2002, le sénateur Cointat, devant la haute assemblée, listait les mérites de ces jardins et notamment :

  • le rôle important de loisirs et de vie familiale,
  • un lieu de vie locale,
  • un terrain de prédilection à l’initiation à la nature et à la protection de l’environnement,
  • le développement de la vie sociale et associative,
  • la gestion de l’espace périurbain, la mise en valeur des paysages,
  • un support de solidarité, la résistance à la précarisation, l’auto-approvisionnement,
  • un moyen de lutte contre l’inactivité forcée (chômage, retraite).

Nous ajoutons la possibilité pour des ménages à revenu modeste d’accéder à la consommation de fruits et légumes de qualité, de se prendre en main face aux difficultés économiques, de prendre conscience que, face à la société de surconsommation, il y a des alternatives valorisantes…

Actuellement 100 000 jardins familiaux et ouvriers sont recensés en France, Nîmes en compte près d’un millier, à Vauvert, Saint-Gilles, ils sont encore bien implantés, Montpellier, Nantes, Lyon en ont créé récemment, la demande est forte, ayant senti le filon, des particuliers équipent des parcelles et les louent.

C’est ainsi que la Commission d’urbanisme a examiné une demande de création de 160 jardins. Le projet, porté par un particulier, devait voir le jour en bord du Rhône. La règlementation en vigueur en zone inondable ne permettant pas ce type d’installation à cet endroit, la demande a été rejetée.

Nous demandons à la municipalité d’étudier un projet de jardins familiaux, étant persuadés qu’il y a une demande notamment de la part d’ouvriers agricoles nombreux sur la commune et qui disposent d’un réel savoir-faire dans ce domaine.

Brève : ingratitude

Voilà que l’impayable tandem André/Cellier découvre l’aspect ingrat et fastidieux de la fonction d’élus d’opposition : finie la presse locale pendue à leurs lèvres, les moyens de communication de la mairie, bonjour la photocopieuse, les tracts, la tournée des boîtes à lettres.

C’est ainsi qu’ils se sont collés à la distribution en ville d’un mauvais tract intitulé «Construction sans permis : scandales à la pelle». Pourraient-ils faire la tournée des mas aussi ?